Quelqu'un a vu mon diadème ?
J'ai dû le perdre en passant l'aspirateur hier matin. Déjà que je m'étais cassé un ongle en essayant de défaire un nœud dans un lacet d'espadrille mouillé, brûlé la frange en retirant le rôti du four pendant que j'essayais simultanément de flamber la sauce d'accompagnement… En plus de la cicatrice qui est apparue sur mon bras au moment où la corde à linge a flanché sous le poids des cinq paires de jeans que je venais de laver et de la légère claudication dont je suis affublée depuis ma chute dans l'escalier du sous-sol alors que j'enjambais un lot de bottes d'hiver la semaine dernière pour aller chercher des jus pour les lunches du lendemain. Disons que je n'aurai pas vraiment fière allure pour les retrouvailles avec mes amies du secondaire. Avec un peu de chance, elles auront aussi perdu leur diadème…
jeudi 12 février 2009
L'envahisseur
On imagine sans peine le dilemme qui se pose pour moi. En effet, voilà deux semaines, sans crier gare, Monsieur a décidé qu'il s'installait chez moi. Peu importe, il aurait crié gare, je n'aurais su que répondre. Bien trop gentille, la fille, bien trop aimable aussi. Incapable de rouspéter, encore bien moins de refuser. C'est avec un petit air niais que je l'ai regardé envahir mon domaine, bousculer mes affaires pour installer les siennes. C'est en souriant idiotement que j'ai vu passer sous mon nez, et sans broncher, des valises remplies de vêtements, des caisses de livres, un chaudron, un vélo d'exercice qui trône maintenant au milieu du salon, de mon salon, une bouteille de « bubble bath » à moitié vide, un globe terrestre (à ce moment, mon sourire est devenu encore plus idiot et mon air, plus niais), une coutellerie en argent massif, sûrement offerte par sa mère, trop heureuse de s'en débarrasser (du fils, pas de la coutellerie), et j'en passe et des meilleures.
Après seulement deux mois de fréquentations, il avait décidé de notre avenir, de mon avenir. « Après quelques mois ensemble, nous verrons où nous en sommes et nous évaluerons la situation de nouveau », m'a-t-il dit. Et comment que nous verrons. Je vois déjà où il en sera lui, et je sais que c'est ailleurs que dans mon salon, autre part que dans mon lit ! Merci ! Il ira « véloexerciser » ailleurs et sa coutellerie suivra ! Belles paroles, ma grande, belles paroles. Dommage que ta voix soit si faible qu'il ne l'entende pas. De toute façon, pour l'heure, il est enfermé dans la salle de bain, probablement dans la mousse du « bubble bath » jusqu'aux oreilles.
C'est bien fait pour moi ! Il fallait réagir avant qu'il s'impose, qu'il s'amène, puis s'installe. Tu parles, se laisser abuser de la sorte. Il ne me reste qu'à concocter un plan pour qu'il déguerpisse. Hausser le ton ? Couper le globe-terrestre en deux pour en faire des bols à soupe ? Lui faire peur ? L'envahir à mon tour ? L'empoisonner ? Le noyer dans les bulles ? Le poignarder avec un couteau de la coutellerie. Le tromper ! Saboter son vélo d'exercice. L'ignorer ? Apprendre à l'aimer... L'apprivoiser. M'y intéresser. Le quitter. Que faire ? Voilà, je sais. Fidèle à moi-même, je décide que la meilleure attitude serait de ne rien faire…
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